Château de Châteaudun
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9 Rue de Beaugency Oucques La Nouvelle 41290
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"Accroché à un éperon rocheux qui domine la vallée du Loir, le château de Châteaudun apparaît comme une sentinelle au-dessus de la ville. Sa silhouette imposante raconte à elle seule plusieurs siècles d’histoire : celle d’une forteresse féodale devenue progressivement une demeure princière, puis l’un des premiers châteaux de la Loire à annoncer la Renaissance. Les origines du château remontent au Moyen Âge. Entre 1170 et 1190, Thibaut V de Blois fait édifier l’imposant donjon, une véritable « grosse tour » de 31 mètres de hauteur. Construit pour affirmer la puissance des comtes de Blois, il constitue encore aujourd’hui l’un des éléments les plus spectaculaires du monument. Du haut de son promontoire, la forteresse contrôle alors la vallée du Loir et domine le paysage environnant. Mais c’est au XVe siècle que le château change profondément de visage. En 1439, Jean d’Orléans, plus connu sous le nom de Jean de Dunois ou du « Bâtard d’Orléans », devient comte de Dunois et s’installe à Châteaudun. Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et l’un des grands chefs militaires du règne de Charles VII, Dunois appartient désormais aux plus hauts rangs de la noblesse française. Il entreprend alors de transformer l’ancienne forteresse en une résidence digne de son rang. Dunois conserve le vieux donjon, symbole de la puissance féodale, mais fait disparaître une grande partie des anciennes fortifications. À partir de 1451, il fait construire une nouvelle chapelle destinée notamment à abriter un morceau de la Vraie Croix. Elle devient en 1498 une Sainte-Chapelle, privilège exceptionnel réservé à quelques établissements religieux liés à la monarchie et aux grandes familles du royaume. À côté s’élève une vaste aile résidentielle, construite entre 1459 et 1468, où Dunois peut recevoir une cour nombreuse. Le château commence alors à abandonner son austérité militaire au profit du confort et du prestige. La génération suivante poursuit cette transformation. Au début du XVIe siècle, les descendants de Dunois, les Longueville, ajoutent une nouvelle aile au château. L’aile Longueville conserve certains traits du gothique flamboyant, mais elle annonce déjà la Renaissance par ses proportions, ses décors et surtout son élégant escalier à loggias. Les motifs inspirés de l’Antiquité et l’influence de l’architecture italienne témoignent de l’évolution des goûts de la noblesse française. Châteaudun devient ainsi un étonnant trait d’union entre deux époques : celle des forteresses médiévales et celle des châteaux de plaisance de la Renaissance. Cette évolution se lit également dans les jardins. Le château possède notamment un jardin suspendu installé sur une terrasse dominant la vallée. Inspiré des nouveaux modèles italiens, il témoigne d’une conception différente de l’espace aristocratique : le jardin n’est plus seulement un lieu utilitaire ou clos, mais devient un espace de promenade, de contemplation et de représentation. Un jardin d’inspiration médiévale, aménagé plus récemment au pied du donjon, rappelle quant à lui les plantes et les usages des jardins du Moyen Âge. À l’intérieur, les salles conservent également de précieux témoignages du faste des anciens propriétaires. La Sainte-Chapelle abrite notamment un remarquable ensemble sculpté ainsi qu’une peinture murale du Jugement dernier datant de 1468. L’aile Longueville accueille quant à elle d’importantes tapisseries françaises et flamandes des XVIe et XVIIe siècles, qui rappellent le goût des grandes familles aristocratiques pour ces œuvres à la fois décoratives, narratives et symboliques. Au fil des siècles, le château connaît cependant des périodes moins fastes. Il est notamment touché par les troubles révolutionnaires et subit différents dommages au XIXe siècle. Il finit par être acquis par l’État en 1938, avant de faire l’objet de restaurations qui permettent de préserver son exceptionnelle diversité architecturale. Aujourd’hui, Châteaudun possède une qualité rare : il ne donne pas l’impression d’avoir été construit en une seule fois. Au contraire, ses différentes parties semblent raconter successivement l’histoire de ceux qui l’ont habité. Le puissant donjon rappelle le temps des comtes de Blois ; l’aile Dunois évoque le monde des grands seigneurs de la fin de la guerre de Cent Ans ; la Sainte-Chapelle témoigne de leur piété et de leurs ambitions ; enfin, l’aile Longueville annonce le nouvel art de vivre de la Renaissance. C’est cette superposition qui fait toute la singularité de Châteaudun. Ici, la forteresse ne disparaît jamais complètement derrière le château de plaisance. Le donjon médiéval continue de dominer les élégants bâtiments gothiques et Renaissance, comme pour rappeler qu’avant de devenir une résidence raffinée, le site fut d’abord une place forte. Au-dessus du Loir, Châteaudun offre ainsi un véritable voyage à travers quatre siècles d’architecture et d’histoire : du château fort des comtes de Blois au palais des Longueville, de la guerre de Cent Ans aux premiers souffles de la Renaissance, il raconte la transformation spectaculaire du pouvoir seigneurial en art de vivre princier. 𝑺𝒐𝒖𝒓𝒄𝒆(𝒔) : 𝑬𝒖𝒓𝒆-𝒆𝒕-𝑳𝒐𝒊𝒓 𝑻𝒐𝒖𝒓𝒊𝒔𝒎𝒆 ; 𝑪𝒉𝒂̂𝒕𝒆𝒂𝒖𝒅𝒖𝒏 𝑻𝒐𝒖𝒓𝒊𝒔𝒎𝒆 ; 𝑯𝒊𝒔𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 𝑰𝒕𝒊𝒏𝒆́𝒓𝒂𝒏𝒕𝒆"
@histoireitinerante
"TER depuis Gare d’Austerlitz jusqu’à Chateaudun puis 15 min de marche "
@deborah.lmn