Église de l'Intercession-de-la-Vierge sur la Nerl
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"L'église est gardée par un moine, auquel on peut acheter une image pieuse ou donner un petit quelque chose. Vous pouvez vous assurer les services d'un guide francophone au départ de Vladimir (le moine gardien ne parle que le russe). Fermé le lundi. Tous les chefs-d'oeuvre se méritent. L'accès à celui-ci n'est pas facile. La petite route qui y mène tourne au chemin de terre, un chemin que l'on prend, à droite lorsqu'on vient de Vladimir, dans le village de Bogolioubovo. Si la langue russe vous pose encore quelques difficultés, il vous suffira de montrer une photographie de cette église, la plus célèbre de l'Anneau d'or, et tout le monde saura vous en indiquer le chemin. Inutile de vous équiper d'un 4x4, une berline fera très bien l'affaire, et les cahots ajouteront au pittoresque de l'entreprise. La meilleure façon d'aborder ce quasi-mirage - qui apparaît quelques dizaines de mètres après Bogolioubovo, posée sereinement au milieu de la plaine -, est sans aucun doute pédestre. Vous goûterez alors, à travers la lande, à une divine partie de campagne, si bien sûr la période climatique y est favorable. Tout ici est gelé et enneigé en hiver, et complètement inondé au printemps (vous remarquerez les balises qui servent à mesurer le niveau des débordements de la Kliasma). Vous ne pouvez donc accéder à l'église qu'entre mai et octobre. Une marche de deux kilomètres à peine à travers une lande sauvage aux mottes inégales plantées d'herbe grasse, de roseaux pensifs et de fleurs timides, suffit pour atteindre ce joyau, certainement l'un des plus précieux de l'héritage orthodoxe. A une centaine de mètres du but, on s'arrête, tout simplement parce que c'est beau : la Nerl, un affluent de la Kliasma, qu'elle rejoint à 3 km de là, borde l'arrière de l'édifice. Car on vient jusqu'ici pour pique-niquer, jouer aux cartes ou plonger dans l'eau claire, la merveille d'Andreï Bogolioubski ne servant que d'arrière-plan à ces escapades pastorales, ce qui n'est peut-être pas si éloigné qu'il y paraît de la véritable vocation d'un tel lieu. A l'une des extrémités de l'étang, vous verrez, si l'eau est calme, l'église tout entière dans un reflet parfait. Derrière la butte, sur le côté de l'église, on découvre la Nerl et sa petite plage aménagée. Il est même possible de louer une barque et de canoter dans ce cadre bucolique. On pourra juste regretter, pour le coup d'oeil, qu'on ait cru bon d'entourer l'église d'une palissade de bois naturel pas vraiment seyante, mais c'est un détail. Plus ennuyeux peut-être : l'intrusion anachronique des pylônes dans la prairie et des fils électriques à l'arrière-plan de l'église. Mais le ministre à qui l'on posait la question de savoir s'il était vraiment indispensable de tendre les câbles justement à ce niveau, répondit qu'il eût été plus facile de démolir l'église que de dévier la ligne électrique. Toujours est-il que le calme de l'endroit encourage les escapades romantiques et que tous les amoureux du coin savent s'y donner rendez-vous. Il paraît même que dans un passé plus ou moins récent, les espions y avaient leurs cachettes... L'église de l'Intercession sur la Nerl fut donc construite, sur ordre d'Andreï, en moins de douze mois, en 1165. On remarquera en particulier des pourtours de fenêtres figurant l'image de David au centre, des griffons et des lions sur les parties latérales et des têtes féminines à cheveux longs tressés, caractéristiques des églises dédiées à la Sainte Vierge. La fenêtre centrale est gardée par deux lions à queues torsadées en leur extrémité. Aujourd'hui encore, même si le site a quelque chose de merveilleux, on ne sait pas vraiment pourquoi Andreï Bogolioubski choisit cet endroit perpétuellement inondé pour y bâtir son église, distante de plus de deux kilomètres de sa résidence-forteresse et n'autorisant pas une défense efficace. Deux explications en forme de légende ont été avancées : la première évoque une apparition de la Vierge qu'on aurait vue assise sur cette petite éminence au-dessus de la prairie et qui aurait décidé de la première pierre ; la deuxième, historique, est que c'est l'endroit exact où Andreï perdit son fils aîné : inconsolable, il fit d'abord élever une chapelle sur cette colline, qu'il pouvait apercevoir de son palais (on raconte que chaque matin, il venait sur son balcon pour regarder la petite chapelle au loin et que les larmes lui venaient aux yeux, ce qui est plus attendrissant que vraisemblable compte tenu de la personnalité du prince). Les architectes, dans ce sol marécageux, eurent toutes les peines du monde à établir de solides fondations. Il fallut creuser très profondément (les fondations mesurent 6,30 m), réaliser un système de drainage particulièrement efficace pour évacuer les eaux envahissantes de la Nerl et de la Kliasma qui recouvrent les prés une bonne partie de l'année. En revanche, le fait qu'une l'église soit située en bordure d'une rivière n'a rien de surprenant ; c'était même le cas de la plupart des églises de cette époque où l'on circulait principalement, une grande partie de l'année, par voie fluviale. C'est ainsi que l'église de l'Intercession aurait fourni la première halte religieuse aux voyageurs venus de la Volga et pénétrant dans la région de Vladimir-Souzdal par la Kliasma. Certains spécialistes pensent même que la colline sur laquelle se dresse l'église fut un moment pavée pour faciliter son accès. L'église de l'Intercession fut l'objet d'un culte régulier jusqu'au XVIII e siècle, époque où elle connut une désaffection progressive : les habitants rechignaient à se tremper pour aller prier et préféraient leur église de village, plus accessible. On a donc décidé de la démolir afin de récupérer les pierres pour le monastère. C'est ainsi que fut démontée la coupole dorée (en forme de casque aplati comme à Vladimir). La légende raconte que lorsque les ouvriers voulurent s'attaquer à la maçonnerie, le soleil se mit à luire furieusement et, se reflétant dans la coupole qu'ils avaient déposée à terre, les aveugla si cruellement qu'ils durent renoncer à l'entreprise. Après avoir longuement pleuré pour demander grâce, ils recouvrèrent finalement la vue et depuis, personne n'osa jamais plus toucher aux pierres de l'église de l'Intercession sur la Nerl. Mais l'histoire, bassement factuelle et matérielle, précise que si les ouvriers avaient cessé leur travail, c'est parce qu'ils s'étaient rendu compte que le mortier qui avait été utilisé était extrêmement résistant et difficile à manier, et l'augmentation de salaire qu'ils avaient demandée en conséquence leur avait été refusée. A défaut de miracle, c'est donc le sens de l'économie qui valut à l'église de rester debout. Il fallut néanmoins remplacer la coupole, qui ne pouvait plus être remontée, au profit de l'actuelle, de style " pointe d'artichaut " donc, relativement bien intégrée dans le paysage et l'architecture. Cette église, joyau consacré de l'architecture religieuse a inspiré de nombreux poètes qui ont comparé son élégance à celle d'une jeune fille qui se regarde dans les eaux dormantes. Les façades nord et sud sont asymétriques. Parmi les nombreux visages féminins sculptés dans la pierre, ceux de gauche présentent des traits européens, ceux de droite nettement asiatiques. Ces caractères asiatiques sont un héritage des premiers habitants de ces terres, les tribus finno-ougriennes qui, venues du nord de l'Oural, s'étaient installées sur les bords de la Volga et de ses affluents, région appelée aujourd'hui la grande plaine russe. A partir du IX e siècle, les Slaves arrivèrent de l'Ukraine actuelle et de Novgorod, à la recherche de terres disponibles, et se mélangèrent à la population finno-ougrienne, et c'est ce métissage qui apparaît ainsi dans le décor sculpté de l'église."
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