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"Là où Darius raconte le rétablissement de l’Empire Perse."
@dozzenti
"𝑹𝒆́𝒅𝒊𝒈𝒆́𝒆 𝒆𝒏 𝒕𝒓𝒐𝒊𝒔 𝒍𝒂𝒏𝒈𝒖𝒆𝒔 – 𝒍𝒆 𝒗𝒊𝒆𝒖𝒙 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒆, 𝒍'𝒆́𝒍𝒂𝒎𝒊𝒕𝒆 𝒆𝒕 𝒍'𝒂𝒌𝒌𝒂𝒅𝒊𝒆𝒏 –, 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒈𝒊𝒈𝒂𝒏𝒕𝒆𝒔𝒒𝒖𝒆 𝒔𝒕𝒆̀𝒍𝒆 𝒔𝒄𝒖𝒍𝒑𝒕𝒆́𝒆 𝒂̀ 𝒎𝒆̂𝒎𝒆 𝒍𝒂 𝒇𝒂𝒍𝒂𝒊𝒔𝒆 𝒂 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒕𝒊𝒕𝒖𝒆́ 𝒉𝒊𝒔𝒕𝒐𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒍'𝒖𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒐𝒄𝒖𝒎𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒄𝒓𝒖𝒄𝒊𝒂𝒖𝒙 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒅𝒆́𝒄𝒉𝒊𝒇𝒇𝒓𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒍'𝒆́𝒄𝒓𝒊𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒄𝒖𝒏𝒆́𝒊𝒇𝒐𝒓𝒎𝒆 ! L'inscription de Behistun est un relief accompagné d'un texte sculpté à 100 mètres du sommet d'une falaise dans la province de Kermanshah, en Iran occidental. L'œuvre raconte l'histoire de la victoire du roi perse Darius Ier (le Grand, r. de 522 à 486 av. J.-C.) sur ses satrapes rebelles lorsqu'il monta sur le trône de l'empire achéménide (c. 550-330 av. J.-C.) en 522 avant J.-C.. Le relief est accompagné d'un texte en trois langues - vieux persan, élamite et akkadien - relatant l'autobiographie de Darius Ier, son accession au pouvoir par la grâce divine et son triomphe sur ceux qui s'opposaient à son accession au pouvoir. Il avait été commandé quelque temps après la répression des révoltes (vers 520 avant J.-C.), mais on ignore quand il fut achevé. Le relief mesure 25 mètres de long et 15 mètres de haut. Le texte est écrit en colonnes au-dessus d'une scène dans laquelle Darius Ier, suivi de deux escortes, piétine le corps du roi qu'il a renversé et fait face à une file de neuf prisonniers (les principaux satrapes qui s'étaient rebellés contre lui) attachés et conduits par une corde. La figure de Darius Ier semble regarder vers le haut l'image du Faravahar, un symbole perse de la divinité (représentant une figure royale masculine assise sur un disque ailé) qui, dans ce cas, représente le dieu suprême Ahura Mazda. Il est généralement admis que le relief s'inspira d'un relief beaucoup plus ancien et très similaire situé dans la même région (toujours existant), le relief de Sar-e Pol-e Zahab (également connu sous le nom de relief de Sarpol-e Zahab et de relief d'Anubanini), qui représente le roi Anubanini du royaume de Lullubi (r. vers 2300 av. J.-C.) dans une pose similaire, vainquant ses ennemis et remerciant ses dieux, en particulier la déesse de la guerre, Ishtar. Le relief fut remarqué pour la première fois par des Européens au XVIIIe siècle et fut copié par le savant Sir Henry C. Rawlinson (1810-1895) en 1835 et 1843. La copie de Rawlinson des trois textes cunéiformes lui permit, ainsi qu'à d'autres érudits de l'époque, de les déchiffrer car, une fois le cunéiforme de la vieille Perse compris, celui des Élamites et des Akkadiens le furent également. L'inscription de Behistun est ainsi devenue le moyen par lequel les érudits pouvaient traduire les langues du Proche-Orient. Le relief est encore visible aujourd'hui et a été déclaré site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2006. 𝐋'𝐚𝐬𝐜𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐚𝐫𝐢𝐮𝐬 𝐥𝐞 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 Cyrus II (le Grand, r. vers 550-530 av. J.-C.) fonda l'empire achéménide et, à sa mort, son fils Cambyse II (r. de 530 à 522 av. J.-C.) lui succéda. Cambyse II se lança dans une campagne de conquête de l'Égypte et, pendant son séjour, quelqu'un d'autre (prétendument son frère Bardiya, également connu sous le nom de Smerdis) usurpa le trône et se proclama roi. L'usurpateur n'était cependant pas Bardiya, car Cambyse avait assassiné Bardiya avant de partir pour l'Égypte afin d'éviter cette situation. Le nouveau roi était en fait un sosie de Bardiya nommé Gaumata (r. 522 av. J.-C.), l'un des magi (classe sacerdotale) de la cour. Cambyse II était sur le chemin du retour d'Égypte pour régler le problème lorsqu'il mourut - apparemment d'une blessure qu'il s'était lui-même infligée - et Darius Ier, un cousin éloigné qui faisait partie de l'entourage de Cambyse II, prit sur lui - avec l'aide de co-conspirateurs - d'assassiner l'usurpateur et de se proclamer roi. En tant que parent du défunt Cambyse II, Darius revendiqua d'être légitimiser car l'usurpateur n'était pas un membre de la famille royale. Sa légitimité fut prouvée par sa victoire sur ses ennemis, démontrant ainsi que le dieu suprême Ahura Mazda était de son côté et approuvait ses actions. Ce récit provient de Darius Ier lui-même dans l'inscription de Behistun, mais sa véracité a été remise en question par un certain nombre d'experts modernes. Il a été suggéré que le soi-disant "usurpateur" était, en fait, le frère cadet de Cambyse II, Bardiya/Smerdis, qui soit avait pris le trône en l'absence de son frère sans permission, soit avait été placé en charge par celui-ci et avait ensuite outrepassé son autorité. Les satrapes (gouverneurs de province) de l'empire semblent avoir accepté le règne de Bardiya comme légitime alors que, lorsque Darius Ier revint pour l'assassiner, au moins 19 provinces se révoltèrent. L'histoire de Cambyse II tuant son frère avant de partir pour l'Égypte ne provient que de Darius I, et il aurait dû faire une telle affirmation afin d'établir sa légitimité : il n'avait pas, prétendit-il, tué le roi légitime mais un imposteur et un usurpateur. 𝐋𝐞 𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐁𝐞𝐡𝐢𝐬𝐭𝐮𝐧 Comme nous l'avons vu, le texte du relief fut gravé sur la falaise en trois langues. L'inscription en vieux persan comprend 414 lignes sur cinq colonnes, celle en élamite 593 lignes sur huit colonnes et celle en akkadien 112 lignes. Les colonnes II et III continuent la liste des satrapies qui se rebellèrent et comment Darius Ier réprima les révoltes et tua les chefs. La colonne IV commence par répéter le récit de la victoire de Darius Ier sur Gaumata, puis demande au lecteur d'accepter sa version des faits, insiste sur le fait que ses actions et le règne qui s'ensuit sont conformes aux souhaits d'Ahura Mazda et avertit ceux qui voudraient défigurer ou détruire son inscription de la colère qu'ils subiraient de la part du dieu suprême. La colonne V relate une bataille finale et se termine par une ligne de remerciement à Ahura Mazda. Il est impossible de savoir si Darius Ier dit la vérité ou non dans son inscription, malgré les affirmations contraires de plusieurs experts modernes. Le célèbre spécialiste de l'histoire perse, A. T. Olmstead, affirme sans aucun doute que Darius Ier était le véritable usurpateur et Bardiya/Smerdis le roi légitime, en se basant principalement sur le fait qu'il n'y a aucune preuve de troubles ou de rébellion sous le règne de Bardiya, mais une révolte généralisée lorsque Darius Ier prit le pouvoir. Selon ce point de vue, l'inscription de Behistun relèverait du genre de la littérature mésopotamienne Naru dans laquelle un certain événement historique (ou un roi) est présenté dans un conte avec des éléments fictifs pour atteindre un certain but - non pas pour tromper, mais pour éclairer ou donner une raison aux événements et encourager une valeur culturelle centrale (dans ce cas, la grâce divine qui légitimisait un roi). Le monarque akkadien Sargon d'Akkad (r. de 2334 à 2279 av. J.-C.), légendaire à l'époque de Darius Ier, avait utilisé la même technique dans sa propre autobiographie des siècles auparavant en se présentant comme un homme du peuple afin de gagner des soutiens. Olmstead, et d'autres, pourraient bien avoir raison, mais il est tout aussi probable que les satrapes se soient révoltés, l'un après l'autre, pour tenter de s'imposer en tant que roi légitime - comme Darius I le prétend - que l'homme que Darius I renversa ait été le "vrai" Bardiya ou l'usurpateur Gaumata. Les États-nations sujets de tout empire, de l'Akkadien à l'Empire romain, ont souvent profité d'un changement de monarque pour affirmer leurs droits à des degrés divers, que ce soit par des demandes diplomatiques ou par une rébellion pure et simple. Il n'est pas rare de voir des peuples soumis, quelle que soit la façon dont ils étaient traités, vouloir leur liberté et affirmer leur désir d'autodétermination par la rébellion. On ne saura jamais quel genre de monarque Bardiya/Gaumata aurait été, mais Darius Ier n'est pas connu comme "le Grand" pour rien. Il lança de grands projets de construction (comme son complexe de Persépolis), fit construire des routes dans tout l'empire (y compris la grande route royale de Persépolis à Sardes), inventa le système postal, normalisa la monnaie en introduisant sa propre monnaie (le Daric), augmenta et organisa le commerce (en construisant à cette fin un canal en Égypte reliant le Nil à la mer Rouge), et poursuivit les politiques du gouvernement perse de ses prédécesseurs en matière de tolérance et d'acceptation des valeurs religieuses et culturelles de toutes les nations soumises à son empire. À tous égards, Darius Ier était un roi impressionnant et, finalement, peu importe qu'il ait embelli son autobiographie ; il prouva qu'il était le souverain légitime par son règne exemplaire. 𝐃𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 Bien que l'inscription de Behistun ait été remarquée auparavant par d'autres Européens, qui avaient également fait des copies du texte en vieux persan, le premier à faire des efforts importants pour comprendre la pièce fut Rawlinson en 1835, alors qu'il servait en Iran avec les forces de la British East India Company. Bien que Darius Ier ait clairement indiqué dans l'œuvre qu'il voulait que les gens lisent ses mots, et bien qu'il les ait placés sur une route très fréquentée entre Babylone et Ecbatana (deux des principaux centres administratifs de l'empire), il les avait placés si haut sur la falaise que personne sur la route n'aurait pu lire les inscriptions ou voir les images clairement. De plus, une fois le relief sculpté et les inscriptions terminées, il fit enlever le rebord sur lequel se tenaient les ouvriers afin que personne ne puisse s'approcher suffisamment pour défigurer l'œuvre. Cependant, l'enlèvement du rebord signifiait également que personne ne pouvait s'approcher suffisamment pour lire les inscriptions. Afin de copier l'inscription, Rawlinson demanda l'aide d'un jeune de la région et, ensemble, ils transportèrent et posèrent des planches sur la falaise afin que Rawlinson puisse écrire le texte en vieux persan. Il se mit ensuite au travail pour le traduire, en s'appuyant sur les efforts précédents de l'explorateur allemand Karsten Niebuhr (1733-1815), qui avait été le premier à faire connaître l'existence du site après sa visite en 1764, et sur les travaux ultérieurs de Georg Friedrich Grotefend (1775-1853), qui s'àètait basé sur les efforts de Niebuhr. En 1843, Rawlinson y retourna et réussit à copier les inscriptions élamites et akkadiennes, toujours avec l'aide d'un jeune de la région, grâce à des cordes qui le suspendaient à la falaise. Ensuite, en travaillant avec les brillants assyriologues Révérend Edward Hicks (1792-1866), Edwin Norris (1795-1872), Julius Oppert (1825-1905), et William Henry Fox Talbot (1800-1877), les inscriptions furent entièrement traduites, en utilisant le vieux persan comme base pour comprendre les deux autres. L'inscription de Behistun est ainsi devenue, pour les orientalistes et les assyriologues, ce que la pierre de Rosette avait été pour les égyptologues dans la découverte des langues des anciennes civilisations du Proche-Orient. Cette découverte fit suite aux travaux de George Smith (1840-1876) qui avait déjà traduit le cunéiforme mésopotamien et, ensemble, ils firent découvrir au monde moderne les impressionnantes cultures du Proche-Orient. La stèle est également connue du milieu ésotérique, notamment des adeptes de la théorie des Anciens Astronautes, qui y voient des esclaves ou prisonniers de petite taille défiler devant des personnages géants, coiffé par un symbole mazdéen pouvant être interprété comme la représentation allégorique d'un engin volant. 𝑺𝒐𝒖𝒓𝒄𝒆(𝒔) : 𝑽𝒊𝒔𝒊𝒕 𝑰𝒓𝒂𝒏 ; 𝒆𝒙𝒕𝒓𝒂𝒊𝒕 𝒅'𝒖𝒏 𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒍𝒆 𝒆𝒏 𝒍𝒊𝒈𝒏𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑾𝒐𝒓𝒍𝒅 𝑯𝒊𝒔𝒕𝒐𝒓𝒚 𝑬𝒏𝒄𝒚𝒄𝒍𝒐𝒑𝒆𝒅𝒊𝒂 (𝒍𝒊𝒆𝒏 𝒄𝒊-𝒅𝒆𝒔𝒔𝒐𝒖𝒔) ; 𝑾𝒊𝒌𝒊𝒑𝒆́𝒅𝒊𝒂 ; 𝑯𝒊𝒔𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 𝑰𝒕𝒊𝒏𝒆́𝒓𝒂𝒏𝒕𝒆"
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