Palais des sultans Bamouns
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"Indiquer l'emplacement du palais est dérisoire, tant les rabatteurs et autres guides occasionnels alpaguent les touristes pour leur proposer sa visite. Service bien inutile, puisque le palais dispose de son propre guide. Face au marché, une grande arche ouvre sur la cour où une statue du roi Njoya, bâtisseur du palais, salue les visiteurs. Dans cette cour a survécu un vieux mur où les administrateurs coloniaux (allemands puis français) successifs sont recensés. Et quelques noms chatouillent la mémoire des passants français : Mendès, Mollet... Les cases des (multiples) femmes du Sultan et de ses notables se dressent tout autour du palais, dont la construction remonte au début du siècle dernier. 1917 exactement. Très impressionné par la magnifique résidence du gouverneur allemand de Buéa, Njoya Ibrahim, le plus célèbre et le plus grand roi bamoun, décida alors de faire construire une grande bâtisse en dur pour mettre fin aux incendies qui ravageaient régulièrement son palais, alors fait de bambous et de chaume. Le roi construisit lui-même les plans du palais. " Mais ce n'était pas un architecte ", s'amuse souvent le guide, quand les visiteurs s'étonnent de découvrir les colonnes éparpillées et les murs penchés du bâtiment. Mélange étrange de demeure orientale et de château médiéval, le palais fut achevé en 1921. Grâce à un projet financé par l'Unesco, il fut entièrement rénové au début des années 1990 pour lui redonner tout son éclat d'autrefois. La grande salle du palais n'est accessible qu'un court instant, mais les hauts plafonds et les immenses colonnes qui s'y succèdent y font régner une atmosphère à la fois lugubre et solennelle, une atmosphère d'un autre temps. Les escaliers qui courent le long des murs mènent aux chambres royales, ajoutant un peu plus à l'ambiance si spéciale qui règne dans la salle. Particulièrement attaché à la culture bamoun, le roi réserva dès l'achèvement de son palais, dans les années 1920, une partie de l'établissement au musée royal actuel. Une grande tapisserie de Njoya et le brancard où est mort son fils (en 1992) accueillent les touristes au début de la visite. Coiffes traditionnelles, cloches, chasse-mouches et masques de danse qui ornent les vitrines datent souvent des siècles antérieurs. Très bien conservés, ils sont réutilisés lors des grandes fêtes et donnent au musée un aspect vivant. La visite, très bien organisée, tourne autour des deux piliers de l'histoire bamoun, la royauté et la guerre. Une pièce au centre du musée expose l'habit d'intronisation du roi. Ce sont deux capes confectionnées en plumes d'oiseaux nocturnes et que revêt l'héritier, désigné parmi les fils de la femme de sang royal du roi. Le souverain actuel s'appelle Ibrahim Mbombo Njoya. Il est toujours accompagné de sa soeur institutionnelle, soeur de même père qui joue auprès de lui un rôle de conseillère. Le manteau de panthère, de couleur rouge, ornement royal principal, commence par une peau de bête devant le trône, puis s'étale sur 15 m et seul le roi a le droit d'y marcher. De chaque côté du trône, sont disposés les deux boucliers avec le serpent à deux têtes, symbole de la puissance du roi. D'autres animaux apparaissent avec récurrence, notamment l'araignée, symbole de l'ardeur et du travail, ou l'abeille. Les légendes sur les rois bamoun sont également retranscrites dans les différentes salles du palais, dont celle du roi géant, Mboumbouo. Son immense masque-portrait occupe le mur d'une salle qui lui est consacrée. On raconte que ce roi, qui, grâce à ses conquêtes, fit passer son territoire de 500 km 2 à 7 500 km 2 , mesurait plus de onze mètres et pouvait s'accouder sur le toit du palais. Pour justifier la légende, des pipes de deux mètres furent construites... La salle des sociétés secrètes révèle quel rôle elles tenaient quand le royaume était à son apogée. Chargés de protéger le roi et la coutume, ses membres apparaissaient toujours voilés lors des grandes cérémonies. Peuple fier et guerrier, les Bamoun avaient pour habitude d'orner leur calebasse avec les mâchoires inférieures de leurs adversaires, calebasses dont de nombreux exemplaires sont exposés au musée, aux côtés des doubles cloches, dont le timbre motivait les guerriers lors des combats, ou des cottes de mailles. Fait étonnant, les femmes partaient au combat comme les hommes. De nombreux crânes animaliers trônent également dans les différentes salles du musée, dont de très impressionnants crânes d'hippopotames que les chasseurs offraient en présent au roi. Dans la salle en bas du palais, se trouve une série de trônes dont celui extrêmement moderne de l'actuel roi. En cuir, il contraste avec les autres sièges royaux qui sont de confection traditionnelle, avec des perles, des cauris, les deux jumeaux et les défenses d'éléphant. Le trône du roi Njoya est particulièrement beau, tout en perles, avec deux jumeaux derrière et deux jumeaux devant qui servent de repose-pied. L'un des jumeaux derrière le fauteuil tient une corne à boire. On y voit aussi une femme qui porte un panier de fruits. Les sièges sont toujours encadrés d'énormes défenses d'éléphant, qui pèsent jusqu'à 150 kg. À l'intérieur du Palais royal, la cour de justice traditionnelle traite les problèmes locaux, mais aussi les mariages. Les notables jugent d'abord et le roi tranche en dernier ressort. Le roi demeure une personnalité importante pour les Bamoun et le pouvoir central. Le roi actuel a passé toute une partie de sa vie au service de l'État, comme diplomate et ministre. Et tout homme politique recherche son appui, y compris les dirigeants étrangers. Une photo de Jacques Chirac en compagnie du roi clôt d'ailleurs la visite. Les abords du musée. Ils fourmillent de boutiques d'artisanat, dont les pièces sont acheminées depuis tout le pays. Masques bafang ou foulbé, poignards choa... Le choix n'est pas aussi étendu qu'aux alentours de la rue des artisans, mais le négoce y est plus reposant."
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